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mars 2021

ÉDITO

On ne vous fera pas le coup de l’édito du premier numéro « du » nouveau magazine qui prétend rendre « enfin » hommage à ce qu’est le « vrai » territoire franc-comtois. Glissant à toutes les sauces les mots « authenticité », « bienveillance » et « sincérité ». On ne le fera pas car cela a déjà été fait. Il y a longtemps, avec un certain talent. Nous en étions d’ailleurs les acteurs et les promoteurs au tout premier jour. C’était il y a plus d’un quart de siècle, sous les traits d’un magazine de territoire dont je tairai le nom, par pudeur, qui aura marqué les esprits deux décennies durant. Ses repreneurs ont échoué à le maintenir en vie. RIP P... C...

 

Cœur de Comtois n’est pas là pour remplacer le titre disparu, mais un vide s’est fait jour dans un univers médiatique désormais inféodé au tout numérique. Non pas que nous glorifions l’ère du Minitel plutôt que la nôtre. Les temps ont changé, avec plus ou moins de bonheur. C’est à l’appréciation de chacun. La Franche-Comté a même fini par se marier avec la Bourgogne. Qui l’eut cru ? Ce magazine tombe à point nommé. Il rétablit l’équilibre entre les temps de lecture, ceux de l’information immédiate qui prédominent et ceux de la détente qui semblent de retour. Aujourd’hui, les troubadours de la pensée unique chantent les louanges de la proximité et du circuit court. Ils revendiquent une culture ancestrale en même temps qu’une ouverture d’esprit sur le monde de demain. Comme les chats, ils retombent toujours sur leurs pattes. Ils vantent la théorie vertueuse d’une nécessaire remise en question de la société, tout en s’excusant facilement de ne pas évoluer eux-mêmes. Pauvres chatons en réalité.

 

Honorer nos origines, sacraliser nos traditions et nos savoir-faire n’empêche pourtant pas d’être à l’écoute de ce monde en mouvement, qui cherche à ne pas sombrer dans l’indifférence et le jugement facile. Ce premier voyage en Franche-Comté propose un juste dosage entre la nature, les saveurs, l’histoire, l’art et l’art de vivre. Il n’affabule pas. Il ne vous invente pas un Yéti errant dans la neige des Rousses. Il vous sert sur un plateau quelques histoires juste bonnes à entendre, dans lesquelles défilent des paysages somptueux, des personnages truculents, des plats et des vins délicieux, ou encore le souvenir d’une industrie glorieuse aux accents de bête humaine. Bienvenue sur le territoire de Cœur de Comtois.

SOMMAIRE

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LACS ET TOURBIÈRES

Survol en trois images de ces
fragiles et précieuses zones humides, désormais sous haute surveillance en tant que refuges d’une biodiversité rare.

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DOMAINE MAIRE ET FILS

Sur le sixième de la surface totale du vignoble jurassien, c’est un régisseur d’origine alsacienne, Jacques Hauller, qui écrit la suite de l’histoire du domaine créé par le célèbre Henri Maire.

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ACCORD METS ET VINS

Vins du Jura et cuisine comtoise forment le couple parfait.
Le sommelier Christophe Menozzi en fait la preuve, face à des plats ménagers où se croisent morilles et morteaux.

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CHRISTOPHE MENOZZI

Le Maître sommelier de France revient au pays du savagnin et du poulsard, avec son savoir et son énergie.

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STATION AVENTURE

Chaussez vos skis, vos raquettes ou vos bottes fourrées et partons pour les Rousses ! Une balade inoubliable entre nature, art de vivre et saveurs.

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L'ARBEZIE

À La Cure, L’Arbézie franco-suisse se dresse en plein milieu d’une frontière et en tire un statut unique. Théâtre depuis 100 ans de nombreuses histoires extraordinaires, cet hôtel iconoclaste est géré depuis quatre générations par les Arbez, une famille aussi attachante qu’engagée.

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LE FORT DES ROUSSES

Depuis plus de vingt ans, l’ancienne forteresse militaire des Rousses abrite des caves d’affinage du comté, ouvertes à la visite. Dans cette cathédrale enfouie, des dizaines de milliers de meules vieillissent dans des conditions uniques. Un savoir-faire d’exception, une tranche de mystère en plus.

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LA LOGE PONARD

Au cœur de la forêt du Risoux, à l’écart des routes, Louise Curlier et Sarah Quenot accueillent les randonneurs et skieurs dans ce chalet d’alpage pour des casse-croûtes en pleine nature. Le soir, l’endroit se transforme en foyer festif, avec soirée concert, ou à thème. Poésie pastorale et esprit de fête au programme.

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SAUT À SKI

S’élancer dans le vide skis aux pieds, à plus de 100 km/h, pour un vol de près de 200 mètres. Jeune retraité, le champion jurassien du saut à ski, Ronan Lamy-Chappuis, nous fait vivre l’expérience. Attention, décollage imminent !

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MUSÉE DU SKI

C’est par le village des Rousses que le ski est arrivé dans le Jura. Pratiquante précoce, la station a connu toutes les évolutions de la glisse, de la survie à l’or blanc. Une histoire retracée par Roger Tinguely et son étonnant petit musée...

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ÉCOLE COMTOISE

Dans le sillage de Gustave Courbet, les peintres paysagistes de l'école comtoise ont su se faire une place à part dans le grand mouvement d'intérêt pour la nature qui marqua le début du XXe siècle. Encore trop méconnu, le musée d'Art et d'Histoire de Pontarlier en est un des principaux dépositaires. Visite guidée entre panoramas enneigés, vaches montbéliardes et métiers d'autrefois.

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BELFORT

AU TEMPS
DES 
LOCOS
À VAPEUR

Si l’activité ferroviaire du site belfortin d’Alstom suit les rails de l’avenir avec la production du « TGV du futur » et la mise au point du train à hydrogène, on oublie parfois que cette aventure industrielle a débuté dès la fin du XIXe siècle. En 1900, le monde entier découvrait la première locomotive Atlantic européenne sortie des ateliers de la SACM (Société alsacienne de construction mécanique) à Belfort. Cet album photo rend hommage aux ouvriers qui ont sué sang et vapeur pour donner vie à ces incroyables

« bêtes humaines ».